L’héritage de la Gorgone

Galerie d’art du Parc - Trois-Rivières - 6 octobre au 8 décembre 2024

L’exposition L’héritage de la Gorgone explore le récit entourant le personnage mythologique de la Gorgone Méduse à qui Ovide attribue la création du corail, cet animal aquatique fixe, souvent considéré à tort comme un hybride à la fois végétal et minéral.

Selon certaines versions du mythe, Méduse était une belle jeune fille qui fut violée par Poséidon dans un temple dédié à la déesse Athéna. Pour que cet outrage ne passe pas sous silence, Athéna transforma la jeune fille en un monstre aux cheveux de serpents et au regard pétrifiant. Souvent présenté comme l’archétype de la femme fatale dans l’imagerie populaire, le personnage de Méduse fut aussi revendiqué par les groupes féministes contemporains qui voient en la Gorgone une représentation allégorique de la colère et du pouvoir des femmes. Selon les récits d’Ovide, c’est aussi à Méduse et ses pouvoirs de pétrification que l’on doit la création du corail. Persée, après avoir décapité Méduse, aurait déposé la tête de la Gorgone sur un lit de plantes aquatiques, causant ainsi le durcissement instantané de ces dernières. Pendant longtemps, le corail fut considéré à tort comme un hybride à la fois végétal et rocheux. Pourtant, la nature du corail en est toute autre; il s’agit d’un animal aquatique fixe appartenant au groupe des Cnidaires.

L’héritage de la Gorgone explore donc les liens entre mythe, perception et biologie. Les oeuvre présentées sont issues de la transformation de diverses plantes en objets rappelant le corail, à l’aide d’une technique picturale évoquant la pétrification. Ces formes hybrides, à la fois picturales et sculpturales, sont rassemblées dans une installation en trois segments, conçue comme un récif fragmenté. Les trois grands miroirs qui composent l’installation évoquent à la fois la surface de l’eau et le bouclier poli de Persée, grâce auquel il pu vaincre Méduse en évitant son regard. Une série d’impressions grand format accompagne également l’installation. Tout au long du processus de création, chaque objet a été photographié afin de constituer une banque d’images qui me sert de base à la réalisation de compositions numériques. Dans ces images, les frontières floues entre fond et forme, entre réel et artifice instaurent une ambiguïté visuelle volontaire, interrogeant la perception et les mécanismes de construction du réel. Ce dispositif visuel vise à souligner combien les évidences premières peuvent se révéler fallacieuses, et combien notre regard demeure malléable face aux illusions de la représentation.

Crédits photos: Étienne Boisvert

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